Autopergamene

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9831YJ06

9831YJ06, c’est la plaque d’immatriculation d’une vieille Citröen rouillée qui traîne sur un parking depuis le début de l’année. Chaque jour en bus je passe devant, et chaque jour je me dis que « Putain, il faudrait y revenir un jour avec un appareil photo pour la garder en souvenir avant que quelqu’un la bouge de sa place ». Cela faisait déjà quelques bons mois que l’idée me hantait, alors hier je me suis enfin décidé.

Les images qui suivent « vont et viennent » dans leur qualité. Je suis parti environ six heures, donc il y a beaucoup plus de photos que d’habitude… de fait j’ai aussi eu moins de motivation à les trier.
Bref, prenez ces images comme une sorte de tout, une petite fresque de ma journée. Si vous commencez à vous arrêter sur telle ou telle image, inévitablement certaines seront plus dispensables que d’autres, moins intéressantes, ou juste moins belles. Mais je ne sais pas, autant avant où je fonctionnais dans une logique de « photo unique » ça m’aurait dérangé, autant maintenant c’est différent. Je prends sept-cent photos, j’en garde quarante, et tant pis si dans le lot on pourrait en retirer, ces quarante là me plaisent en tant que tout, elles couvrent la totalité de ce que j’ai vu et ressenti, et c’est ce qui compte à mes yeux.















J’ai remarqué que c’est souvent en s’écartant de la route qu’on trouve des choses géniales, et encore plus lorsque c’est pour aller là où l’on a pas le droit. Je ne sais pas si c’est quelque chose qui m’est propre, mais lorsque je sors faire des photos je prends un plaisir malsain à aller les prendre là où je n’ai pas le droit. Allez savoir, j’ai l’impression que c’est là qu’est le meilleur, derrière les grillages, par-dessus les chaînes. On défait les fils de fer qui tiennent les grilles et c’est tout un monde qui s’ouvre.
Je pense que ce qui m’attire aussi c’est que les endroits qu’on ferme et barricade sont souvent des endroits abandonnés, ou détériorés, et j’ai une sorte de fascination pour ce thème. Que ce soit d’un point de vue esthétique (la rouille, les tags, la peinture et le bois qui partent en lambeaux) ou d’un point de vue de l’atmosphère (les lieux quittés de vie, les meubles renversés, les vitres cassées).
C’est typiquement le genre d’endroit qui m’attire moi et mon appareil, et je suppose ne pas être le seul.

À part ça, je me suis fait accoster par quelqu’un pendant que je prenais mes barrières tordues. Il fait de la musique et aimerait que je fasse les photos de son groupe et des membres qui le composent. Si ça se concrétise ça peut être sympa, je vous posterai le résultat éventuellement.
J’ai eu pas mal de gens qui sont venus me demander ce que je prenais en photo et pourquoi je le prenais en photo, des gens qui restaient à me regarder faire. C’était à la fois marrant et un peu étrange — je suppose que ce ne sont pas forcément des coins qu’on vient souvent photographier.

Publié le : 04/05/09
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