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This page is a giant library of everything on this website, from my content to others, from photos to links and reviews.

As someone who regularly complains about capitalism it's also been my goal to try to help people imagine alternatives. Many times I have looped back to the concept of library, of free knowledge exchange and commons. So this page is a bit my homage to it as an attempt to showcase everything accessible here in one place.

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A woman in underwear on her bed in the sun, her hand resting lightly on her breast and a small necklace on her neck
bodiesByM-ATypevisualDate (at 36)Language🇬🇧 englishTags

#charcoal#study#erotism#nudity#people

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A woman in underwear on her bed in the sun, her hand resting lightly on her breast and a small necklace on her neck

Hier soir nous sommes allés à la maison de ma grand-mère, celle du côté de mon père, qui habite quelque part dans la montagne où j’avais été cet été faire des photos avec ma cousine. Le chemin n’est praticable qu’à pied, et nous sommes ainsi partis dans la pleine pénombre alors que sur nos têtes baissées le ciel hachuré d’averses pleurait d’humides lances. Comme beaucoup de maisons construites à cette époque c’est un endroit qui s’est laisser dépasser par la vie moderne, et au fond rien n’a vraiment changé depuis la dernière fois que j’y étais allé quand j’étais gosse. Les mêmes plats dans les mêmes assiettes, le même jus de raisin dans les mêmes verres, les mêmes meubles, le même énorme plancher brossé de brun. Tout est comme figé dans le temps et à part la télé en toile de fond diffusant Attention à la marche, rien n’a changé depuis cette photo de moi à six ans qui veille au mur.

Ma grand-mère depuis quelques années a vu sa mémoire s’estomper du fait d’alzheimer. Son mari tout comme ses deux fils reviennent la voir régulièrement pour s’occuper d’elle, mais elle n’a à ce stade plus de notion du temps qui passe, de quand elle doit manger – de qui sont les personnes assises autour d’elle à table, l’âge qu’ils ont, leurs noms. On a partagé quelques plats habituels de noël – du gratin, un rôti de chevreuil, du fois gras. C’était vraiment agréable de revoir tout le monde, à vivre loin dans les teintes azures de Nice j’en oublie ces temps d’enfance passés là à jouer dans la grange de ma grand-mère ou à dévaler les plaines voilées de neige sur ma petite luge rouge. J’ai vraiment du mal à décrire mon enfance parce que j’ai toujours l’impression qu’il y a tant de détails à citer que si j’en oublie un le reste paraîtra hors contexte, alors je préfère m’arrêter là plutôt que de développer.

Quand je suis arrivé en haut ma batterie d’appareil était morte, j’ai grappillé quelques images de ci de là quand, après un certain temps éteint, mon Canon me laissait prendre une ou deux photos. J’ai eu énormément de mal à capturer quelque chose sous le faible éclairage du seul plafonnier, mais avec du recul je pense que ce sont ce flou et grain qui retranscrivent le mieux mon état d’esprit ce soir-là. Ça n’avait plus d’importance qui j’étais des kilomètres plus bas, ici dans cet endroit précis avec ces personnes précises j’avais simplement l’impression d’être un gosse à nouveau, perdu dans la brume de ma propre mémoire.
Une certaine idée de la funkByEmma F.TypephotosetDate (at 19)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#people#documentary#relationships#study#illusion

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9 photos

Hier soir nous sommes allés à la maison de ma grand-mère, celle du côté de mon père, qui habite quelque part dans la montagne où j’avais été cet été faire des photos avec ma cousine. Le chemin n’est praticable qu’à pied, et nous sommes ainsi partis dans la pleine pénombre alors que sur nos têtes baissées le ciel hachuré d’averses pleurait d’humides lances. Comme beaucoup de maisons construites à...

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.
Vue sur l’AmerBymyselfTypephotosetDate (at 19)LocationLe BrocLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#street photo#depression#dreams#people#texture#decay#childhood#nature#study#animals#urban

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20 photos

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...

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Hier soir nous sommes allés à la maison de ma grand-mère, celle du côté de mon père, qui habite quelque part dans la montagne où j’avais été cet été faire des photos avec ma cousine. Le chemin n’est praticable qu’à pied, et nous sommes ainsi partis dans la pleine pénombre alors que sur nos têtes baissées le ciel hachuré d’averses pleurait d’humides lances. Comme beaucoup de maisons construites à cette époque c’est un endroit qui s’est laisser dépasser par la vie moderne, et au fond rien n’a vraiment changé depuis la dernière fois que j’y étais allé quand j’étais gosse. Les mêmes plats dans les mêmes assiettes, le même jus de raisin dans les mêmes verres, les mêmes meubles, le même énorme plancher brossé de brun. Tout est comme figé dans le temps et à part la télé en toile de fond diffusant Attention à la marche, rien n’a changé depuis cette photo de moi à six ans qui veille au mur.

Ma grand-mère depuis quelques années a vu sa mémoire s’estomper du fait d’alzheimer. Son mari tout comme ses deux fils reviennent la voir régulièrement pour s’occuper d’elle, mais elle n’a à ce stade plus de notion du temps qui passe, de quand elle doit manger – de qui sont les personnes assises autour d’elle à table, l’âge qu’ils ont, leurs noms. On a partagé quelques plats habituels de noël – du gratin, un rôti de chevreuil, du fois gras. C’était vraiment agréable de revoir tout le monde, à vivre loin dans les teintes azures de Nice j’en oublie ces temps d’enfance passés là à jouer dans la grange de ma grand-mère ou à dévaler les plaines voilées de neige sur ma petite luge rouge. J’ai vraiment du mal à décrire mon enfance parce que j’ai toujours l’impression qu’il y a tant de détails à citer que si j’en oublie un le reste paraîtra hors contexte, alors je préfère m’arrêter là plutôt que de développer.

Quand je suis arrivé en haut ma batterie d’appareil était morte, j’ai grappillé quelques images de ci de là quand, après un certain temps éteint, mon Canon me laissait prendre une ou deux photos. J’ai eu énormément de mal à capturer quelque chose sous le faible éclairage du seul plafonnier, mais avec du recul je pense que ce sont ce flou et grain qui retranscrivent le mieux mon état d’esprit ce soir-là. Ça n’avait plus d’importance qui j’étais des kilomètres plus bas, ici dans cet endroit précis avec ces personnes précises j’avais simplement l’impression d’être un gosse à nouveau, perdu dans la brume de ma propre mémoire.
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Hier soir nous sommes allés à la maison de ma grand-mère, celle du côté de mon père, qui habite quelque part dans la montagne où j’avais été cet été faire des photos avec ma cousine. Le chemin n’est praticable qu’à pied, et nous sommes ainsi partis dans la pleine pénombre alors que sur nos têtes baissées le ciel hachuré d’averses pleurait d’humides lances. Comme beaucoup de maisons construites à...

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...