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Library

This page is a giant library of everything on this website, from my content to others, from photos to links and reviews.

As someone who regularly complains about capitalism it's also been my goal to try to help people imagine alternatives. Many times I have looped back to the concept of library, of free knowledge exchange and commons. So this page is a bit my homage to it as an attempt to showcase everything accessible here in one place.

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acousticactionaction adventureadventurealternativealternative folkalternative metalalternative popalternative rockambientanimalsanimationarcadeartaustralianautismbasecampberlinsocialclubblack metalbreakcorebritpopbuildingbullet heavenbuyfromeucasualcello rockchiptuneclassic rockclassicalcoldwavecomedycrimecutedancedarkwavedeath metaldeep housedocumentarydoom metaldramadream popdreampopdrone metaldrugsdubstepelectroclashelectronicelectronic rockerotismetymologyexperimentalexperimental popexplorationfamilyfantasyfolkfpsframeworkfrancefree to playfrench popfunk rapgamblinggamegofnyourselfgoth rockgothicgothic rockgrungeguitar virtuosohandcrafthard rockhardcorehealthheavy metalhip hophistoryholuphorrorillustrationincrementalindieindie rockindustrialindustrial metalinstrumental rockinternetjazz raplearninglgbtlifelitteraturemachinelearningmental healthmetalcoremetroidvaniamotivationalmoviesmusicmysteryneo classicalneuroanoisenoise rocknotionnownu metaloddlyarousingopenaipcgamingphotographyplatformpoppop rockportfoliopost grungepost hardcorepost metalpost punkpost rockpridepridemonthproceduralprogressive metalprogressive rockprogressive trancepsychedelic rockpsytrancepunkpuzzleraprap alternatifrap classiquerap melodiquerap modernerapcorerealityrelationsreviewrockroguelikeromancerpgsandboxsci fi fantasysciencescience fictionsexshoegazesimulationsinger songwriterslamsludgesocietysolarpunksoulsoundtrackstealthstrategystreet photostupidsurvivalsurvival horrorsurvivalhorrorswedishswisssymphonic metalsynthpopsynthwavetechnotechnologythejoysofsymfonythrillertrip hoptv movieurbexutilitiesutilitywarwesternworkworldnewsxcom
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The Long Dark
The Long DarkByThe EmmarchitectTypearticleDate (at 35)Language🇬🇧 englishTags

#now#writing#depression#nature#society

StatuscompletedStarsWords162Time to read1 minute

Going through a long down phase that will one day end. Living it definitely feels like going through the winter throat. Enjoying my beautiful new life in Berlin, all the inspiration it brings me, and all the renewal it allows me. Really loving my new interests in birdwatching and fungi, they really help me connect with nature on a daily basis, and anchor me in the good things to save. Perhaps I...

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail (mon vrai travail) qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a fallu faire le pas vers ma propre entreprise, ce qui a demandé beaucoup de mon temps.

L’autre principale raison c’est que j’ai déménagé, (très) loin des côtes du sud pour atterrir à Saint-Étienne près de Lyon. J’ai longtemps traîné à ressortir mon appareil photo, enfoui dans sa sacoche au fond de mon bureau, mon attention détournée par tant et tant de choses. Je ne sais plus ce qui m’a poussé aujourd’hui à le faire, mais une fois la décision prise tout est allé très vite. La Loire est l’exact opposé de l’expérience que j’ai eu sur la côté : là où dans le sud les friches sont une espèce en voie d’extinction, réhabilitées les unes après les autres, ici elles prospèrent et s’enracinent dans le décor jusqu’à en faire partie intégrante. Mines, usines et boutiques, vivent et meurent sans que personne n’ose les déloger.

J’ouvre donc un nouvel album, pour cette année 2014, et prie pour que d’ici décembre, ses pages blanches soient couvertes de rouille et poussière. Cette première série, je la fais en douceur, avec la Rotonde Ferroviaire de Badan. J’ai eu  énormément  de mal à me remettre dans le bain – comme si on m’avait cassé les jambes après être tombé à vélo et qu’il fallait que je me remette en selle. Mon œil endormi, mes réflexes de photographe atténués, mes mains balbutiantes face à mon appareil que je peinais à commander comme à la bonne époque. Ces détails dans les textures, ces jeux de couleurs dont j’étais si friand, mon regard peine désormais à les discerner, ce qui explique leur absence temporaire dans ces images. Les photos qui suivent sont loin de ce que promettait le potentiel du lieu; il y en a une poignée que j’aime vraiment mais ça ne sera jamais une série m’étant aussi chère que certaines d’il y a deux ans. Ceci étant dit, c’est une série de remise dans le bain, un re-plongeon dans les écumes de crépis qui me sont si chères. Pas ma meilleure sortie, pas ma pire, simplement une préface à ce nouvel album 2014, en espérant que ce qui suive vous face honneur à vous,  photophiles .
CaténaireByEmma F.TypephotosetDate (at 24)LocationGrignyLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#decay#urbex#health#emma#urban#death#depression

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21 photos

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail mon vrai travail qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a...

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant.

Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été construit pour je ne sais plus quelle raison, puis le projet avait été abandonné en cours de route et le village fut laissé là abandonné. L’architecture est clairement particulière et n’a rien à voir avec ce qui se fait de manière locale. Beaucoup des faux bâtiments sont en fait en bois et polystyrène, c’est vraiment tout un mirage de village qui évoque plus un décor de film que personne n’aurait défait que quelque chose qui visait à accueillir des gens ou des magasins. Le tout est couplé à de longs hangars, comme toujours maquillés de tags et de fresques en tout genre. Des fresques dont une que j’ai trouvé assez imposante, sur le thème d’Alice in Wonderland.
The WaspByQueen EmmaTypephotosetDate (at 21)LocationSophia AntipolisLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#animals#death#relationships#nature#emma#depression#decay#people#texture#madness

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24 photos

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant. Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été...

Prussian Black
Prussian BlackByM-ATypetrackDate (at 20)Language🇬🇧 englishTags

#guitar#death#depression#dreams#violence#post rock#drone metal

StatuscompletedStarsGroupOut Through the Winter ThroatDuration9 minutes 35 secondsPlays635 playsImage byStormseekerUsed

Ibanez SAS32EXFMAdobe Audition

  • 00:00 - Nuits troubles (Blurred nights)
  • 01:08 - Une aube dans la gorge des vagues (A dawn in the waves's throat)
  • 04:08 - La noyade (The drowning)
  • 05:14 - Ma soeur l'abysse (My sister the abyss)
  • 07:50 - Une goutte de sueur dans une mer de nuit (A drop of sweat in a sea of night)
A collection of "cinematic" tracks around samples, each track telling a particular story in long progressive movements.

A collection of "cinematic" tracks around samples, each track telling a particular story in long progressive movements.

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil. De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.
Le Cimetière des ÉléphantsBymeTypephotosetDate (at 20)LocationCannesLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#people#animals#street photo#nature#illusion#urban#urbex#decay#emma#depression

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27 photos

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le...

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.

C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau. Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore. Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil. Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.a
Mai 1965BymyselfTypephotosetDate (at 20)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#documentary#religion#animals#nature#emma#people#urban#depression#cataclysm#texture#childhood#decay

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20 photos

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut. C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave...

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était sortie de l’esprit. Je suis descendu pour en faire vite fait le tour et estimer les lieux, mais la nuit grandissant n’aidant pas, j’ai dû revenir le lendemain.

À la lumière d’un jour nuageux, je suis donc retourné avec mon appareil prêt et chargé à cette petite gare que l’œil ne caresse plus, encagée par des masses de hautes herbes, ses fenêtres et portes en partie scellées par des murs de briques. Je ne sais pas depuis combien de temps l’endroit est en ruines, assez déjà pour avoir été retourné par les squatteurs et clochards… Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi tous les endroits abandonnés voient leur sol couverts de milliers d’objets comme si c’était un impératif. À croire que dès qu’un lieu ferme on envoie une équipe de dévastation qui s’occupe de faire en sorte qu’il soit aussi détruit à l’intérieur qu’il l’est à l’extérieur.

Il y a une maison couplée à la gare, je ne sais pas si elle fait partie d’un quelque commerce qui se trouvait à côté (je crois qu’il y avait une boulangerie, ou une crêperie ou dans le genre) ou alors si elle était là pour les employés de la gare. Je ne sais pas non plus si ce sont uniquement des trains de marchandises qui passaient par là, il y a un accueil pour les passagers mais il est emmuré. C’est toujours assez angoissant de se promener dans des lieux comme ceux-ci, la plupart du temps je coupe ma musique parce que le moindre bruit me fait l’arrêter pour regarder autour de moi. En fait le plus dur à supporter ce sont les premiers moments, quand on n’a encore qu’une idée très vague de l’endroit. Au fur et à mesure qu’un plan des lieux se dessine mentalement tout va mieux. C’est aussi une histoire de s’assurer que l’endroit est bel et bien vide, quand on sait que toute les pièces sont inoffensives on a plus d’aisance à arpenter l’endroit qu’au début où la crainte de quelqu’un vivant encore là est présente. Globalement c’est un vaste ressentiment d’être en permanence observé.

J’avais oublié de prendre ma lampe de poche donc à défaut d’autre chose j’ai principalement découvert les pièces à coups de flash — vous imaginez d’ailleurs mon sursaut en tombant sur cette pièce dont les murs sont recouverts de projections de peinture rouge. Sur le coup je me suis affolé sur mon appareil pour refaire une photo et confirmer ce que j’avais vu… pendant une fraction d’instant j’ai imaginé le pire avant de voir d’autres projections, bleues et jaunes. Le tout était vraiment sombre, ce sont des conditions difficiles pour prendre des photos. D’ailleurs dans la majeure partie des cas je passe devant des images, des éclairages ou des illusions que seraient magnifiques à capturer mais que même de bons réglages ne parviennent à retranscrire. La plupart des images gardées sont d’ailleurs un brin troubles ou granulées par les hauts ISOs, ce qui ajoute une touche non négligeable tout en étant horriblement chiant. Désolé si en agrandissant certaines images vous vous retrouvez devant un truc flou.

En repartant j’ai un peu continué sur la route de la Tinée et suis tombé sur une centrale électrique fermée. J’ai voulu y aller mais tout était grillagé, alors je suis passé par la droite et ai découvert un chemin. À mi-hauteur de montagne quand j’ai compris que c’était une piste de randonnée je suis redescendu. Sur le chemin j’ai vu énormément de choses fascinantes à prendre, le problème c’est que sur ces routes il n’y a nul endroit où s’arrêter, seuls quelques refuges mais placés aux mauvais endroits. Quand je pars faire des photos j’ai toujours l’impression d’en avoir énormément qui me passe entre les doigts et c’est frustrant, mais en général au retour avec du recul je suis toujours content d’être parti ce jour-là et d’avoir eu le cran d’aller à tel ou tel endroit. Je ne sais pas si cette fascination pour les lieux esseulés ne touche que moi – que ce soit par leur atmosphère pesante et noire, ou leurs complexes arabesques rousses de métal décrépi. Les murs arrachés, et l’eau croupie qui par vastes traînées vient assombrir le papier peint et gorger le plancher. Il y en a qui aiment prendre des centaines d’images d’infinis paysages, moi j’aime les recoins enténébrés de ces lieux défunts qui les choses mortes accueillent.

Bonus : un pont de merde comme je les déteste, et du McDo jusque dans ta gare abandonnée
Les Murs des VisagesBymy lil handsTypephotosetDate (at 19)LocationRevest Les RochesLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#texture#urbex#illusion#emma#people#depression#decay

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30 photos

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était...

En général quand je passe devant un endroit qui me frappe par les images fabuleuses qu’il pourrait produire, je me mets un marqueur et je tente d’y revenir dès que possible. Il y a peu d’endroits comme ça qui m’ont marqué dans Nice, principalement parce que ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, mais je m’étais juré d’y revenir au moins une fois avec mon appareil et de partir du Mont Boron. Pendant toute l’année précédente j’ai eu un professeur de dessin plutôt spécial, assez caricatural du vieux prof de dessin qui a déjà sa vision toute faite sur le monde. Assez âgé mais qui est resté plutôt sympathique ; qui se trimballe sa pipe en permanence et qui vous raconte des anecdotes de vie tellement impensables qu’à force vous n’osez plus en questionner la véracité. Ils nous avait emmené plusieurs fois - vers la fin de l’année - en haut du Mont Boron en voiture pour y passer la matinée à dessiner.

On y allait toujours de bon matin et évidement y retourner comme ça seul vers sept heures du matin, ça avait perdu son charme. Du coup je suis descendu dans Nice, me suis promené çà et là près de la côté et à la lisière de la ville. Contrairement à la dernière fois je ne me suis pas enfoncé dans la ville à me balader partout et n’importe où, en fait aux alentours de 14h, après sept heures de marche en montée et descente, à travers les bouts de forêts et les rues mal pavées, je me suis écroulé dans un fauteuil de Nice Étoile et y ai pioncé tranquillement. Étonnement je n’étais pas le seul. Je me suis réveillé avec un mal de ventre et un mal à la tête, du coup j’ai laissé tomber mon sandwich, je suis vite fait passé à mon école prendre des nouvelles et à 16h j’étais de retour chez moi.
Et accessoirement oui, j’avais super mal aux pieds.
Le Marbre AphoneByQueen EmmaTypephotosetDate (at 19)LocationNiceLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#street photo#emma#urban#people#animals#illusion#photography#depression#nature#texture#abstract

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37 photos

En général quand je passe devant un endroit qui me frappe par les images fabuleuses qu’il pourrait produire, je me mets un marqueur et je tente d’y revenir dès que possible. Il y a peu d’endroits comme ça qui m’ont marqué dans Nice, principalement parce que ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, mais je m’étais juré d’y revenir au moins une fois avec mon appareil et de partir du Mont Boron....

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.
Vue sur l’AmerByEmma F.TypephotosetDate (at 19)LocationLe BrocLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#street photo#depression#dreams#people#texture#decay#childhood#nature#study#animals#urban

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20 photos

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...

Les Fleurs d'Avril
Les Fleurs d'AvrilBymy lil handsTypestoryDate (at 17)Language🇫🇷 françaisTags

#writing#drama#depression#relationships

StatuscompletedStarsWords2715Time to read11 minutesImage byVan Mendoza

Le nuage se dissipait comme fuirait une horde de bêtes tête-à-tête à la tempête. Semblant emportée dans l’euphorie des prémices au matin, la brume s’aventurait à une vaine évasion inespérée vers l’horizon ; vague dissipation, qu’un couvercle de mauvais temps vint violemment contenir. Asservis par un sévère hiver, les espoirs s’étaient tous tristement tus, et dans l’esprit cloîtré de cet homme...

Touche le fond mais creuse encore
Touche le fond mais creuse encoreBymyselfTypearticleDate (at 15)Language🇫🇷 françaisTags

#fluff#writing#documentary#emma#depression

StatuscompletedStarsWords397Time to read1 minute

Après de longs mois de subsistence, je commence réelement a me demander si le lycée constituera pour moi une réele différence par rapport au collège. L'un des grands interet pour moi de ne plus connaitre personne, etait de pouvoir recommencer et me constituer une image aupres des autres, qui serait meilleure que celle que je m'etait fait au collège. Alors apres deux mois d'inactivité, je ressort...

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The Long DarkBymyselfTypearticleDate (at 35)Language🇬🇧 englishTags

#now#writing#depression#nature#society

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Going through a long down phase that will one day end. Living it definitely feels like going through the winter throat. Enjoying my beautiful new life in Berlin, all the inspiration it brings me, and all the renewal it allows me. Really loving my new interests in birdwatching and fungi, they really help me connect with nature on a daily basis, and anchor me in the good things to save. Perhaps I...

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail (mon vrai travail) qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a fallu faire le pas vers ma propre entreprise, ce qui a demandé beaucoup de mon temps.

L’autre principale raison c’est que j’ai déménagé, (très) loin des côtes du sud pour atterrir à Saint-Étienne près de Lyon. J’ai longtemps traîné à ressortir mon appareil photo, enfoui dans sa sacoche au fond de mon bureau, mon attention détournée par tant et tant de choses. Je ne sais plus ce qui m’a poussé aujourd’hui à le faire, mais une fois la décision prise tout est allé très vite. La Loire est l’exact opposé de l’expérience que j’ai eu sur la côté : là où dans le sud les friches sont une espèce en voie d’extinction, réhabilitées les unes après les autres, ici elles prospèrent et s’enracinent dans le décor jusqu’à en faire partie intégrante. Mines, usines et boutiques, vivent et meurent sans que personne n’ose les déloger.

J’ouvre donc un nouvel album, pour cette année 2014, et prie pour que d’ici décembre, ses pages blanches soient couvertes de rouille et poussière. Cette première série, je la fais en douceur, avec la Rotonde Ferroviaire de Badan. J’ai eu  énormément  de mal à me remettre dans le bain – comme si on m’avait cassé les jambes après être tombé à vélo et qu’il fallait que je me remette en selle. Mon œil endormi, mes réflexes de photographe atténués, mes mains balbutiantes face à mon appareil que je peinais à commander comme à la bonne époque. Ces détails dans les textures, ces jeux de couleurs dont j’étais si friand, mon regard peine désormais à les discerner, ce qui explique leur absence temporaire dans ces images. Les photos qui suivent sont loin de ce que promettait le potentiel du lieu; il y en a une poignée que j’aime vraiment mais ça ne sera jamais une série m’étant aussi chère que certaines d’il y a deux ans. Ceci étant dit, c’est une série de remise dans le bain, un re-plongeon dans les écumes de crépis qui me sont si chères. Pas ma meilleure sortie, pas ma pire, simplement une préface à ce nouvel album 2014, en espérant que ce qui suive vous face honneur à vous,  photophiles .
CaténaireByThe EmmarchitectTypephotosetDate (at 24)LocationGrignyLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#decay#urbex#health#emma#urban#death#depression

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21 photos

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail mon vrai travail qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a...

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant.

Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été construit pour je ne sais plus quelle raison, puis le projet avait été abandonné en cours de route et le village fut laissé là abandonné. L’architecture est clairement particulière et n’a rien à voir avec ce qui se fait de manière locale. Beaucoup des faux bâtiments sont en fait en bois et polystyrène, c’est vraiment tout un mirage de village qui évoque plus un décor de film que personne n’aurait défait que quelque chose qui visait à accueillir des gens ou des magasins. Le tout est couplé à de longs hangars, comme toujours maquillés de tags et de fresques en tout genre. Des fresques dont une que j’ai trouvé assez imposante, sur le thème d’Alice in Wonderland.
The WaspByEmma Fabre, First of Her NameTypephotosetDate (at 21)LocationSophia AntipolisLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#animals#death#relationships#nature#emma#depression#decay#people#texture#madness

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24 photos

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant. Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été...

Prussian Black
Prussian BlackBymy lil handsTypetrackDate (at 20)Language🇬🇧 englishTags

#guitar#death#depression#dreams#violence#post rock#drone metal

StatuscompletedStarsGroupOut Through the Winter ThroatDuration9 minutes 35 secondsPlays635 playsImage byStormseekerUsed

Ibanez SAS32EXFMAdobe Audition

  • 00:00 - Nuits troubles (Blurred nights)
  • 01:08 - Une aube dans la gorge des vagues (A dawn in the waves's throat)
  • 04:08 - La noyade (The drowning)
  • 05:14 - Ma soeur l'abysse (My sister the abyss)
  • 07:50 - Une goutte de sueur dans une mer de nuit (A drop of sweat in a sea of night)
A collection of "cinematic" tracks around samples, each track telling a particular story in long progressive movements.

A collection of "cinematic" tracks around samples, each track telling a particular story in long progressive movements.

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil. De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le...

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.

C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau. Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore. Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil. Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.a
Mai 1965ByEmma F.TypephotosetDate (at 20)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#documentary#religion#animals#nature#emma#people#urban#depression#cataclysm#texture#childhood#decay

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20 photos

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut. C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave...

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était sortie de l’esprit. Je suis descendu pour en faire vite fait le tour et estimer les lieux, mais la nuit grandissant n’aidant pas, j’ai dû revenir le lendemain.

À la lumière d’un jour nuageux, je suis donc retourné avec mon appareil prêt et chargé à cette petite gare que l’œil ne caresse plus, encagée par des masses de hautes herbes, ses fenêtres et portes en partie scellées par des murs de briques. Je ne sais pas depuis combien de temps l’endroit est en ruines, assez déjà pour avoir été retourné par les squatteurs et clochards… Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi tous les endroits abandonnés voient leur sol couverts de milliers d’objets comme si c’était un impératif. À croire que dès qu’un lieu ferme on envoie une équipe de dévastation qui s’occupe de faire en sorte qu’il soit aussi détruit à l’intérieur qu’il l’est à l’extérieur.

Il y a une maison couplée à la gare, je ne sais pas si elle fait partie d’un quelque commerce qui se trouvait à côté (je crois qu’il y avait une boulangerie, ou une crêperie ou dans le genre) ou alors si elle était là pour les employés de la gare. Je ne sais pas non plus si ce sont uniquement des trains de marchandises qui passaient par là, il y a un accueil pour les passagers mais il est emmuré. C’est toujours assez angoissant de se promener dans des lieux comme ceux-ci, la plupart du temps je coupe ma musique parce que le moindre bruit me fait l’arrêter pour regarder autour de moi. En fait le plus dur à supporter ce sont les premiers moments, quand on n’a encore qu’une idée très vague de l’endroit. Au fur et à mesure qu’un plan des lieux se dessine mentalement tout va mieux. C’est aussi une histoire de s’assurer que l’endroit est bel et bien vide, quand on sait que toute les pièces sont inoffensives on a plus d’aisance à arpenter l’endroit qu’au début où la crainte de quelqu’un vivant encore là est présente. Globalement c’est un vaste ressentiment d’être en permanence observé.

J’avais oublié de prendre ma lampe de poche donc à défaut d’autre chose j’ai principalement découvert les pièces à coups de flash — vous imaginez d’ailleurs mon sursaut en tombant sur cette pièce dont les murs sont recouverts de projections de peinture rouge. Sur le coup je me suis affolé sur mon appareil pour refaire une photo et confirmer ce que j’avais vu… pendant une fraction d’instant j’ai imaginé le pire avant de voir d’autres projections, bleues et jaunes. Le tout était vraiment sombre, ce sont des conditions difficiles pour prendre des photos. D’ailleurs dans la majeure partie des cas je passe devant des images, des éclairages ou des illusions que seraient magnifiques à capturer mais que même de bons réglages ne parviennent à retranscrire. La plupart des images gardées sont d’ailleurs un brin troubles ou granulées par les hauts ISOs, ce qui ajoute une touche non négligeable tout en étant horriblement chiant. Désolé si en agrandissant certaines images vous vous retrouvez devant un truc flou.

En repartant j’ai un peu continué sur la route de la Tinée et suis tombé sur une centrale électrique fermée. J’ai voulu y aller mais tout était grillagé, alors je suis passé par la droite et ai découvert un chemin. À mi-hauteur de montagne quand j’ai compris que c’était une piste de randonnée je suis redescendu. Sur le chemin j’ai vu énormément de choses fascinantes à prendre, le problème c’est que sur ces routes il n’y a nul endroit où s’arrêter, seuls quelques refuges mais placés aux mauvais endroits. Quand je pars faire des photos j’ai toujours l’impression d’en avoir énormément qui me passe entre les doigts et c’est frustrant, mais en général au retour avec du recul je suis toujours content d’être parti ce jour-là et d’avoir eu le cran d’aller à tel ou tel endroit. Je ne sais pas si cette fascination pour les lieux esseulés ne touche que moi – que ce soit par leur atmosphère pesante et noire, ou leurs complexes arabesques rousses de métal décrépi. Les murs arrachés, et l’eau croupie qui par vastes traînées vient assombrir le papier peint et gorger le plancher. Il y en a qui aiment prendre des centaines d’images d’infinis paysages, moi j’aime les recoins enténébrés de ces lieux défunts qui les choses mortes accueillent.

Bonus : un pont de merde comme je les déteste, et du McDo jusque dans ta gare abandonnée
Les Murs des VisagesBymy lil handsTypephotosetDate (at 19)LocationRevest Les RochesLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#texture#urbex#illusion#emma#people#depression#decay

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30 photos

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était...

En général quand je passe devant un endroit qui me frappe par les images fabuleuses qu’il pourrait produire, je me mets un marqueur et je tente d’y revenir dès que possible. Il y a peu d’endroits comme ça qui m’ont marqué dans Nice, principalement parce que ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, mais je m’étais juré d’y revenir au moins une fois avec mon appareil et de partir du Mont Boron. Pendant toute l’année précédente j’ai eu un professeur de dessin plutôt spécial, assez caricatural du vieux prof de dessin qui a déjà sa vision toute faite sur le monde. Assez âgé mais qui est resté plutôt sympathique ; qui se trimballe sa pipe en permanence et qui vous raconte des anecdotes de vie tellement impensables qu’à force vous n’osez plus en questionner la véracité. Ils nous avait emmené plusieurs fois - vers la fin de l’année - en haut du Mont Boron en voiture pour y passer la matinée à dessiner.

On y allait toujours de bon matin et évidement y retourner comme ça seul vers sept heures du matin, ça avait perdu son charme. Du coup je suis descendu dans Nice, me suis promené çà et là près de la côté et à la lisière de la ville. Contrairement à la dernière fois je ne me suis pas enfoncé dans la ville à me balader partout et n’importe où, en fait aux alentours de 14h, après sept heures de marche en montée et descente, à travers les bouts de forêts et les rues mal pavées, je me suis écroulé dans un fauteuil de Nice Étoile et y ai pioncé tranquillement. Étonnement je n’étais pas le seul. Je me suis réveillé avec un mal de ventre et un mal à la tête, du coup j’ai laissé tomber mon sandwich, je suis vite fait passé à mon école prendre des nouvelles et à 16h j’étais de retour chez moi.
Et accessoirement oui, j’avais super mal aux pieds.

En général quand je passe devant un endroit qui me frappe par les images fabuleuses qu’il pourrait produire, je me mets un marqueur et je tente d’y revenir dès que possible. Il y a peu d’endroits comme ça qui m’ont marqué dans Nice, principalement parce que ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, mais je m’étais juré d’y revenir au moins une fois avec mon appareil et de partir du Mont Boron....

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...

Les Fleurs d'Avril
Les Fleurs d'AvrilBymy lil handsTypestoryDate (at 17)Language🇫🇷 françaisTags

#writing#drama#depression#relationships

StatuscompletedStarsWords2715Time to read11 minutesImage byVan Mendoza

Le nuage se dissipait comme fuirait une horde de bêtes tête-à-tête à la tempête. Semblant emportée dans l’euphorie des prémices au matin, la brume s’aventurait à une vaine évasion inespérée vers l’horizon ; vague dissipation, qu’un couvercle de mauvais temps vint violemment contenir. Asservis par un sévère hiver, les espoirs s’étaient tous tristement tus, et dans l’esprit cloîtré de cet homme...

Touche le fond mais creuse encore
Touche le fond mais creuse encoreByEmma F.TypearticleDate (at 15)Language🇫🇷 françaisTags

#fluff#writing#documentary#emma#depression

StatuscompletedStarsWords397Time to read1 minute

Après de longs mois de subsistence, je commence réelement a me demander si le lycée constituera pour moi une réele différence par rapport au collège. L'un des grands interet pour moi de ne plus connaitre personne, etait de pouvoir recommencer et me constituer une image aupres des autres, qui serait meilleure que celle que je m'etait fait au collège. Alors apres deux mois d'inactivité, je ressort...