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Library

This page is a giant library of everything on this website, from my content to others, from photos to links and reviews.

As someone who regularly complains about capitalism it's also been my goal to try to help people imagine alternatives. Many times I have looped back to the concept of library, of free knowledge exchange and commons. So this page is a bit my homage to it as an attempt to showcase everything accessible here in one place.

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omg Big Filter is hiding results from the people!!😱click here to OPEN YOUR EYES!!!!
Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail (mon vrai travail) qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a fallu faire le pas vers ma propre entreprise, ce qui a demandé beaucoup de mon temps.

L’autre principale raison c’est que j’ai déménagé, (très) loin des côtes du sud pour atterrir à Saint-Étienne près de Lyon. J’ai longtemps traîné à ressortir mon appareil photo, enfoui dans sa sacoche au fond de mon bureau, mon attention détournée par tant et tant de choses. Je ne sais plus ce qui m’a poussé aujourd’hui à le faire, mais une fois la décision prise tout est allé très vite. La Loire est l’exact opposé de l’expérience que j’ai eu sur la côté : là où dans le sud les friches sont une espèce en voie d’extinction, réhabilitées les unes après les autres, ici elles prospèrent et s’enracinent dans le décor jusqu’à en faire partie intégrante. Mines, usines et boutiques, vivent et meurent sans que personne n’ose les déloger.

J’ouvre donc un nouvel album, pour cette année 2014, et prie pour que d’ici décembre, ses pages blanches soient couvertes de rouille et poussière. Cette première série, je la fais en douceur, avec la Rotonde Ferroviaire de Badan. J’ai eu  énormément  de mal à me remettre dans le bain – comme si on m’avait cassé les jambes après être tombé à vélo et qu’il fallait que je me remette en selle. Mon œil endormi, mes réflexes de photographe atténués, mes mains balbutiantes face à mon appareil que je peinais à commander comme à la bonne époque. Ces détails dans les textures, ces jeux de couleurs dont j’étais si friand, mon regard peine désormais à les discerner, ce qui explique leur absence temporaire dans ces images. Les photos qui suivent sont loin de ce que promettait le potentiel du lieu; il y en a une poignée que j’aime vraiment mais ça ne sera jamais une série m’étant aussi chère que certaines d’il y a deux ans. Ceci étant dit, c’est une série de remise dans le bain, un re-plongeon dans les écumes de crépis qui me sont si chères. Pas ma meilleure sortie, pas ma pire, simplement une préface à ce nouvel album 2014, en espérant que ce qui suive vous face honneur à vous,  photophiles .
CaténaireByQueen EmmaTypephotosetDate (at 24)LocationGrignyLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#decay#urbex#health#emma#urban#death#depression

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21 photos

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail mon vrai travail qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a...

En ce moment je traverse un peu une période de disette en terme de lieux à visiter. On m’en a bien envoyé deux (et je remercie la personne soit dit en passant) mais rien de l’envergure d’un complexe à la Terre d’Asile ou du faux village de The Wasp. Du coup en attendant dans ma sécheresse visuelle je rumine; tourne et retourne mes vieux clichés, et de temps à autres j’en trouve que je ne vous ai jamais montrés parfois par manque de qualité par rapport au reste de la série, parfois par simple envie de ne pas trop en mettre d’un coup. Du coup voici quelques photos qui jusqu’à présent étaient perdues au fond de mes tiroirs virtuels, pas tout d’exception qu’on s’entende, mais de quoi occuper un peu ce blog en attendant ma prochaine série. Gardez ça en tête et soyez indulgents.
Lost and FoundByM-ATypephotosetDate (at 22)LocationCastagniersLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#nature#texture#street photo#urbex#decay#urban

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14 photos

En ce moment je traverse un peu une période de disette en terme de lieux à visiter. On m’en a bien envoyé deux et je remercie la personne soit dit en passant mais rien de l’envergure d’un complexe à la Terre d’Asile ou du faux village de The Wasp. Du coup en attendant dans ma sécheresse visuelle je rumine; tourne et retourne mes vieux clichés, et de temps à autres j’en trouve que je ne vous ai...

À force de se balader dans des lieux abandonnés il y a des choses qui – si elles forçaient l’admiration fut un temps – en finissent par devenir banales. Les vestiges des divers squat en font partie ; au début on est surpris et admiratif devant toutes les petites traces de vie, les matelas, les vêtements, laissés en plan comme après une catastrophe. Puis au bout d’un moment on n’y fait plus attention. J’ai vraiment voulu rebrousser chemin, puis j’ai dévié et suis tombé sur un petit bâtiment minuscule encagé dans les ronces et les arbres, et j’y ai vu une porte entrouverte. De là ma curiosité a fait le reste.

Je ne sais pas ce qui a fait que je me suis soudain senti la motivation de faire deux trois clichés. Je mise sur le fait que les murs de chaque pièce étaient entièrement recouverts de la même affiche comme si un maniaque avait voulu cacher chaque pan de mur : ça a piqué mon intérêt. J’ai fait chacune des pièces en navigant entre elles via des trous fait dans les murs, ce qui faisait très Silent Hill 4 pour le coup mais les portes avaient été bloquées de l’extérieur. J’ai trouvé peu de choses… on aurait un peu dit un bâtiment dans lequel on aurait laissé cinq personnes à survivre pendant cinq mois jusqu’à ce qu’elles deviennent folles et s’entretuent.
EnclavesByEmma Fabre, First of Her NameTypephotosetDate (at 21)LocationLingostieresLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#illusion#nature#texture#emma#decay#animals

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20 photos

À force de se balader dans des lieux abandonnés il y a des choses qui – si elles forçaient l’admiration fut un temps – en finissent par devenir banales. Les vestiges des divers squat en font partie ; au début on est surpris et admiratif devant toutes les petites traces de vie, les matelas, les vêtements, laissés en plan comme après une catastrophe. Puis au bout d’un moment on n’y fait plus...

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant.

Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été construit pour je ne sais plus quelle raison, puis le projet avait été abandonné en cours de route et le village fut laissé là abandonné. L’architecture est clairement particulière et n’a rien à voir avec ce qui se fait de manière locale. Beaucoup des faux bâtiments sont en fait en bois et polystyrène, c’est vraiment tout un mirage de village qui évoque plus un décor de film que personne n’aurait défait que quelque chose qui visait à accueillir des gens ou des magasins. Le tout est couplé à de longs hangars, comme toujours maquillés de tags et de fresques en tout genre. Des fresques dont une que j’ai trouvé assez imposante, sur le thème d’Alice in Wonderland.
The WaspByEmma F.TypephotosetDate (at 21)LocationSophia AntipolisLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#animals#death#relationships#nature#emma#depression#decay#people#texture#madness

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24 photos

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant. Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été...

S’il y a quelque chose d’à la fois fascinant et frustrant dans les lieux abandonnés c’est leur tendance à progressivement s’anonymiser au fil du temps. Il y a de ceux qui même après des millénaires restent évidents — une église même terrassée restera facile à reconnaître — et puis il y a des lieux comme celui-ci. Des lieux qui par leur architecture neutre, leur absence de mots ou leurs armées de salles vides, ne semblent ne plus correspondre qu’à un vague concept de « bâtiment » dénué de but précis.

Quand on m’a en premier parlé de cet endroit on me l’a d’abord décrit comme un hôpital, mais le manque de pièces un tant soit peu spacieuses (pour des opérations par exemple) m’a fait oublier cette hypothèse. Pendant ce temps sur internet beaucoup en parlent aussi comme une maison de retraite. Enfin reste l’explication donné par un collègue au travail, et que me paraît la plus vraisemblable compte tenu de la configuration de la chose. Six bâtiments de cinq étages pour un ensemble d’environ 300/400 studios. Le tout serait le vestige d’un vaste projet de logement d’ouvriers lancé lors de l’explosion démographique de, et qui pour de vastes raisons s’est peu à peu déserté jusqu’à être fermé.
C’est un peu pour cet aspect archéologique que j’adore l’exploration urbaine – déceler dans les maigres restes d’un lieu, l’enchaînement d’évènements qui a mené au moment précis de son décès.
Terre d'AsileBymy lil handsTypephotosetDate (at 21)LocationSaint CezaireLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#emma#urbex#people#illusion#decay#urban#fantasy#texture#madness

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28 photos

S’il y a quelque chose d’à la fois fascinant et frustrant dans les lieux abandonnés c’est leur tendance à progressivement s’anonymiser au fil du temps. Il y a de ceux qui même après des millénaires restent évidents — une église même terrassée restera facile à reconnaître — et puis il y a des lieux comme celui-ci. Des lieux qui par leur architecture neutre, leur absence de mots ou leurs armées de...

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur. L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos de Street View, mine de rien, elles sont prises  de haut . Du coup je me suis retrouvé face à un muret  légèrement  plus grand que ce à quoi je m’attendais. Après quelques minutes d’escalade, j’ai trouvé une faille dans les grillages placés en enceinte autour de la clinique, et suis passé par l’entrée secondaire.

Globalement, non pas que ce soit décevant, mais le lieu était trop neutre pour que j’en tire vraiment des photos correctes. Neutre au sens où quasiment tout avait été vidé avant fermeture, et ne restait que d’innombrables pièces vides. Alors que ce que je cherche dans un lieu abandonné ce sont des objets laissés en plan, des témoignages de bouts de vie, des traces du passage de quelqu’un. Ça mais pas de longs couloirs débouchant sur des chambres vides. Heureusement, sur l’assez grande superficie de la chose (j’ai passé un bout de temps à tout visiter), il y avait pas mal de tags sympa et de petites choses qui valaient quand même le voyage. Et puis merde, rien que pouvoir voir ce qu’il y a derrière toutes les portes « Accès réservé au personnel », ça n’a pas de prix.

Le moment le plus intense de toute ma visite, a sans doute été à la fin. En fait il faut comprendre que le trépied que j’utilise, j’ai une fâcheuse tendance à des fois le poser, prendre une photo, et repartir en oubliant de le reprendre. Et au moment d’enfin sortir de la clinique à six heures, quelqu’un qui passait devant m’a dit de me méfier étant donné qu’il habite juste à côté et qu’à six heures et quart systématiquement des mecs s’arrêtent juste devant et vont dans la clinique pour faire leur deal. Il me dit que la police a déjà fait une intervention – pointant du doigt la grande bande Police Nationale qui entoure l’entrée et que je n’avais pas vue – mais que les mecs après un temps de battement ont continué à utiliser l’endroit. Bref il me stresse un peu, ce après quoi je continue à marcher vers ma voiture et, vous l’avez deviné, en reposant l’appareil dans mon sac-à-dos j’y constate bien évidement que le trépied n’y est pas.

Je me retourne et comprends donc qu’il est dans la clinique. Plus précisément,  quelque part  dans la clinique et ses cinq étages, quelque part au milieu du bordel et de la cinquantaine de chambres et pièces et blocs. Je crois que jamais en un quart d’heure je n’ai autant speedé à monter et descendre des escaliers, à ouvrir chaque porte et à retourner chaque pièce de plafond. Vous allez me dire, « Il suffisait de se rappeler de ta dernière photo prise et voilà ». Sauf qu’avant ça j’avais déjà passé une bonne demi-heure à retrouver LE PUTAIN DE CACHE de l’appareil tombé de ma poche, demi-heure pendant laquelle j’avais donc déjà retourné la clinique et où j’aurais pu poser le trépied n’importe où. Au final je l’ai retrouvé, au dernier endroit où je l’y aurait cherché : sur le toit. Je me suis dépêché de sortir comme si le Tank arrivait derrière moi (parce que oui, l’ambiance était très No Mercy) et je me suis enfoncé dans ma voiture. Je suis rentré chez moi, j’ai pris une douche, j’ai récupéré mes photos.
Un samedi comme les autres.
Le Serpent et l'Arc-en-cielByM-ATypephotosetDate (at 20)LocationGrasseLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#emma#people#illusion#horror#decay#urban

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29 photos

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur. L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos...

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil. De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.
Le Cimetière des ÉléphantsByM-ATypephotosetDate (at 20)LocationCannesLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#people#animals#street photo#nature#illusion#urban#urbex#decay#emma#depression

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27 photos

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le...

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.

C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau. Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore. Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil. Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.a
Mai 1965ByThe EmmarchitectTypephotosetDate (at 20)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#documentary#religion#animals#nature#emma#people#urban#depression#cataclysm#texture#childhood#decay

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20 photos

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut. C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave...

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était sortie de l’esprit. Je suis descendu pour en faire vite fait le tour et estimer les lieux, mais la nuit grandissant n’aidant pas, j’ai dû revenir le lendemain.

À la lumière d’un jour nuageux, je suis donc retourné avec mon appareil prêt et chargé à cette petite gare que l’œil ne caresse plus, encagée par des masses de hautes herbes, ses fenêtres et portes en partie scellées par des murs de briques. Je ne sais pas depuis combien de temps l’endroit est en ruines, assez déjà pour avoir été retourné par les squatteurs et clochards… Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi tous les endroits abandonnés voient leur sol couverts de milliers d’objets comme si c’était un impératif. À croire que dès qu’un lieu ferme on envoie une équipe de dévastation qui s’occupe de faire en sorte qu’il soit aussi détruit à l’intérieur qu’il l’est à l’extérieur.

Il y a une maison couplée à la gare, je ne sais pas si elle fait partie d’un quelque commerce qui se trouvait à côté (je crois qu’il y avait une boulangerie, ou une crêperie ou dans le genre) ou alors si elle était là pour les employés de la gare. Je ne sais pas non plus si ce sont uniquement des trains de marchandises qui passaient par là, il y a un accueil pour les passagers mais il est emmuré. C’est toujours assez angoissant de se promener dans des lieux comme ceux-ci, la plupart du temps je coupe ma musique parce que le moindre bruit me fait l’arrêter pour regarder autour de moi. En fait le plus dur à supporter ce sont les premiers moments, quand on n’a encore qu’une idée très vague de l’endroit. Au fur et à mesure qu’un plan des lieux se dessine mentalement tout va mieux. C’est aussi une histoire de s’assurer que l’endroit est bel et bien vide, quand on sait que toute les pièces sont inoffensives on a plus d’aisance à arpenter l’endroit qu’au début où la crainte de quelqu’un vivant encore là est présente. Globalement c’est un vaste ressentiment d’être en permanence observé.

J’avais oublié de prendre ma lampe de poche donc à défaut d’autre chose j’ai principalement découvert les pièces à coups de flash — vous imaginez d’ailleurs mon sursaut en tombant sur cette pièce dont les murs sont recouverts de projections de peinture rouge. Sur le coup je me suis affolé sur mon appareil pour refaire une photo et confirmer ce que j’avais vu… pendant une fraction d’instant j’ai imaginé le pire avant de voir d’autres projections, bleues et jaunes. Le tout était vraiment sombre, ce sont des conditions difficiles pour prendre des photos. D’ailleurs dans la majeure partie des cas je passe devant des images, des éclairages ou des illusions que seraient magnifiques à capturer mais que même de bons réglages ne parviennent à retranscrire. La plupart des images gardées sont d’ailleurs un brin troubles ou granulées par les hauts ISOs, ce qui ajoute une touche non négligeable tout en étant horriblement chiant. Désolé si en agrandissant certaines images vous vous retrouvez devant un truc flou.

En repartant j’ai un peu continué sur la route de la Tinée et suis tombé sur une centrale électrique fermée. J’ai voulu y aller mais tout était grillagé, alors je suis passé par la droite et ai découvert un chemin. À mi-hauteur de montagne quand j’ai compris que c’était une piste de randonnée je suis redescendu. Sur le chemin j’ai vu énormément de choses fascinantes à prendre, le problème c’est que sur ces routes il n’y a nul endroit où s’arrêter, seuls quelques refuges mais placés aux mauvais endroits. Quand je pars faire des photos j’ai toujours l’impression d’en avoir énormément qui me passe entre les doigts et c’est frustrant, mais en général au retour avec du recul je suis toujours content d’être parti ce jour-là et d’avoir eu le cran d’aller à tel ou tel endroit. Je ne sais pas si cette fascination pour les lieux esseulés ne touche que moi – que ce soit par leur atmosphère pesante et noire, ou leurs complexes arabesques rousses de métal décrépi. Les murs arrachés, et l’eau croupie qui par vastes traînées vient assombrir le papier peint et gorger le plancher. Il y en a qui aiment prendre des centaines d’images d’infinis paysages, moi j’aime les recoins enténébrés de ces lieux défunts qui les choses mortes accueillent.

Bonus : un pont de merde comme je les déteste, et du McDo jusque dans ta gare abandonnée
Les Murs des VisagesByEmma Fabre, First of Her NameTypephotosetDate (at 19)LocationRevest Les RochesLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#texture#urbex#illusion#emma#people#depression#decay

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30 photos

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était...

Il y a des lieux comme ça dont vous ne soupçonneriez même pas l’existence si certaines circonstances ne vous y avaient pas amené un jour ou l’autre. Des parcelles inconnues de La France dont personne n’a jamais entendu parler, des endroits reculés qui lentement se font ronger par le temps. Dans le cas présent il s’agit d’un petit lieu-dit de montagne perché dans la vallée de la Tinée ; si j’en connais l’existence c’est parce que mon père avant d’être instituteur sur la Côte d’Azur a passé son enfance la-haut et continue d’y retourner chaque week-end. Pour y faire des photos, pour travailler dans son atelier, pour se rapprocher un peu de son côté à lui de la famille que la montagne a éloigné de nous.

Quand j’étais enfant j’y allais moi aussi chaque fin de semaine, et le temps allant, moi grandissant, j’ai peu à peu perdu le goût et l’envie, pour au final ne plus y aller. Cela faisait une dizaine d’années que je n’y étais pas retourné. Il n’y a pas beaucoup de choses à faire là-bas, pas beaucoup de monde non plus, alors quand on s’est progressivement ancré dans une routine d’étudiant à Nice, entouré d’un flux constant d’informations, retourner s’isoler de telle manière est plus complexe que prévu.
Cette session de photographies est au fond partie d’une idée comme ça, « et si j’allais faire des photos dans le petit village où j’ai passé une partie de mon enfance à moi ? ». Étant en ce moment entouré de mes cousins à la maison, j’en ai profité pour faire venir ma cousine dans le voyage, elle qui voulait aussi partir faire des photos.
Une heure et quart de ligne droite à flanc de montagne plus tard nous arrivions à La Blache.
 La Blache  est un hameau médiéval perché à flanc de montagne. C’est un haut-lieu de la vie ancienne et maintenant peu à peu oublié des habitants de la vallée de la Tinée. En hiver, la population ne dépasse pas la dizaine d’habitants ; en été, elle peut atteindre une soixantaine de personnes. 

C’est un endroit où malgré tout ma famille a tenu une place importante — les Fabre sont là  depuis plus d’un siècle  et l’église par exemple (comme d’autres bâtiments sûrement) ont été construits par mes arrières-arrière-grand-pères. Tout du moins je pense tant on sait que Fabre est courant car désignant ceux qui fabriquaient. Les forgerons, les menuisiers, et j’en passe.
Beaucoup de personnes ont eu du mal à me reconnaître. J’en ai profité que j’étais sur place pour aller voir un pote d’enfance qui fait désormais partie d’un groupe ; il est bassiste, son frère est guitariste. Je suis allé chez eux et suis resté une petite heure et demi à parler un peu musique et à voir où on en était. En redescendant de chez lui des vaches nous ont bloqué le chemin, on a mis trois plombes à rejoindre la route.

Enfin. Mine de rien, vu sous l’angle d’un photographe c’est un endroit superbe, les images que je vous présente sont pour la plupart plus intactes que vous ne le penseriez. Les couleurs de l’endroit, l’éclairage de cette journée, font que les photos telles qu’elles, étaient pour la plupart telles que je les voulais, sans les toucher. Nous avons quand même eu la pluie au retour, et par persévérance je me suis quand même arrêté au barrage abandonné qu’on avait repéré en chemin. Évidement ça glissait, j’avais peur pour l’objectif sous la pluie battante, alors je n’y suis pas resté longtemps.
Il faudra sûrement que j’y retourne en plein hiver quand la neige est omniprésente.
L'ère LibreByEmma Fabre, First of Her NameTypephotosetDate (at 19)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#documentary#animals#people#childhood#decay#illusion#nature#texture

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21 photos

Il y a des lieux comme ça dont vous ne soupçonneriez même pas l’existence si certaines circonstances ne vous y avaient pas amené un jour ou l’autre. Des parcelles inconnues de La France dont personne n’a jamais entendu parler, des endroits reculés qui lentement se font ronger par le temps. Dans le cas présent il s’agit d’un petit lieu-dit de montagne perché dans la vallée de la Tinée ; si j’en...

Mon parcours en photographie s’est toujours un peu résumé à faire deux pas en avant, un pas en arrière. Pendant toute une première période commencée ici sur ce blog j’ai eu tendance à ne prendre que peu de photographies, ou tout du moins à ne montrer mes photos qu’une par une voire deux par deux. Le résultat était malgré moi une sorte de sacralisation de ces maigres images — des cadres, des titres, des articles dédiés.

Depuis j’ai fait mon voyage à Dignes, et en ai ramené un paquet de photos que j’ai postées d’un coup et je suis tombé amoureux du format. Le problème qui est vite survenu c’est qu’à force de montrer beaucoup on tend à vouloir montrer toujours plus. De séries de vingt photos on est passé à trente, quarante, cinquante photos par article sur toutes les dernières séries. Je pense qu’il est temps de revenir à quelque chose de plus raisonnable.

Nous sommes en pleines vacances, au beau milieu de l’après-midi, sous une chaleur inqualifiable. Les rues se sont vidées de toute silhouette et les seuls aux alentours proviennent du voisin dans sa piscine et des quelques voitures qui passent par là. Voilà, c’est un peu ça l’esprit juillet/août dans un endroit perdu.
Lord ColumbiaByThe EmmarchitectTypephotosetDate (at 19)LocationVenceLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#street photo#urban#nature#animals#illusion#society#decay#people

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16 photos

Mon parcours en photographie s’est toujours un peu résumé à faire deux pas en avant, un pas en arrière. Pendant toute une première période commencée ici sur ce blog j’ai eu tendance à ne prendre que peu de photographies, ou tout du moins à ne montrer mes photos qu’une par une voire deux par deux. Le résultat était malgré moi une sorte de sacralisation de ces maigres images — des cadres, des...

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.
Vue sur l’AmerBymeTypephotosetDate (at 19)LocationLe BrocLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#street photo#depression#dreams#people#texture#decay#childhood#nature#study#animals#urban

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20 photos

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...

Il y a un peu plus de deux ans de ça, j’ai pris  cette photo-là , d’une maison abandonnée pas loin de chez moi, près du village. Je n’ai pas vraiment de souvenir d’une époque de ma vie où cette maison a été habitée, seulement ma mère me racontant que c’était une très belle maison avec des vitraux magnifiques et un superbe jardin et que c’est vraiment dommage qu’on l’aie laissée là à l’abandon.
D’après ce que j’ai compris elle a été habitée jusqu’aux années 80 et ensuite a été quittée. Le jardin, ses palmiers et ses rosiers, se sont transformés en une véritable jungle où il est difficile de faire deux pas. Le bâtiment lui-même transpire le manoir hanté par tous les pores de sa façade, même si personne n’y est jamais mort. Concrètement d’aussi loin que je me souvienne à l’école primaire pour nous tous c’était déjà « la maison hantée » — pas parce qu’elle l’était, mais parce que rien qu’en jetant un regard on se sentait mal à l’aise face à ce qu’on peut entre-voir de l’intérieur de l’ex « Maison Rose ». Des meubles renversés, des fenêtres cassées, le papier-peint brûlé, des journaux qui recouvrent le sol sur au moins vingt centimètres, et j’en passe…

Ça fait pas mal d’années que j’ai cette curiosité pour cette maison à chaque fois que je passe devant. Bien sûr il est strictement interdit d’y entrer et tout est soit cadenassé soit bloqué naturellement par des branches qui ont poussé depuis. Cela dit, ça n’a jamais empêché des ado d’y rentrer et il est très facile d’escalader la grille pour y aller. Alors, curieux, j’ai pris mon appareil, et j’ai escaladé.
Certaines photos sont assez floues, j’ai eu énormément de problèmes de luminosité à l’intérieur, forcément. Dans l’ensemble tout était très impressionnant ; la maison compte trois étages avec une dizaine de pièces par étages, tout est laissé à l’abandon, renversé, jeté. Il y a vraiment un amas irréel de journaux, magazines et livres, éparpillés partout dans le premier étage. Ça mélange un peu toutes les époques, c’est un peu troublant de se demander comment autant de journaux ont pu arriver là. Même chose au premier, des vêtements strictement partout dans les chambres, éparpillés dans d’énormes tas.
Beaucoup d’endroits sont obstrués, l’escalier qui mène aux étages par exemple est étouffée de meubles et d’objets en tous genres, j’ai dû en retirer et escalader le monticule pour aller au-dessus. Accessoirement tout a failli s’écrouler quand j’ai voulu redescendre pour sortir. La cave est au bout d’un petit couloir complètement sans lumière dans lequel j’étais littéralement mort de peur, avançant à coups de flash comme dans les films. Résultat : l’escalier qui descend à la cave est lui aussi bouché par des meubles. Ce qui m’arrangeait étant donné que pour rien au monde je ne serais descendu dans la cave de cette maison. De même que je n’ai pas osé monter l’échelle du grenier qui me tendait les bras, par crainte que le plafond ne soit plus en bon état et aussi parce que merde, l’échelle était en équilibre sur une table elle-même calée par des vieux livres, et bon, je tiens à ma vie.

Comme dans tout lieu abandonné, la Maison Rose a évidement son lot de tags, de bouteilles cassées, et j’en passe, mais tout se concentre essentiellement dans le vaste salon du premier, j’ai l’impression que personne n’a jamais vraiment été dans les autres étages. Je suppose que pour l’amour du risque tous y ont été la nuit, dans ces conditions moi non plus je ne serais pas monté plus haut.
Le jardin est à l’image de la maison : en plan depuis trente ans, complètement bouché de tous les côtés. On peut difficilement s’y frayer un chemin et ce qu’il reste du portique de jardin est somme toute assez maigre. Et, et voilà.
Cela fait pas mal de temps que la mairie parle de tout rénover, mais le travail est tellement monstrueux que ces derniers temps ce qu’on entend plutôt c’est que tout sera rasé. Alors, quitte à ce que ça soit fait, j’ai préféré m’aventurer à l’intérieur au moins une fois dans ma vie avant que tout ce chaos « mort dans le temps » disparaisse pour de bon.
Les Choses MortesByM-ATypephotosetDate (at 19)LocationGattieresTags

#camera#urbex#decay#nature#illusion#animals#urban

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26 photos

Il y a un peu plus de deux ans de ça, j’ai pris cette photo-là , d’une maison abandonnée pas loin de chez moi, près du village. Je n’ai pas vraiment de souvenir d’une époque de ma vie où cette maison a été habitée, seulement ma mère me racontant que c’était une très belle maison avec des vitraux magnifiques et un superbe jardin et que c’est vraiment dommage qu’on l’aie laissée là à l’abandon....

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omg Big Filter is hiding results from the people!!😱click here to OPEN YOUR EYES!!!!
Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail (mon vrai travail) qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a fallu faire le pas vers ma propre entreprise, ce qui a demandé beaucoup de mon temps.

L’autre principale raison c’est que j’ai déménagé, (très) loin des côtes du sud pour atterrir à Saint-Étienne près de Lyon. J’ai longtemps traîné à ressortir mon appareil photo, enfoui dans sa sacoche au fond de mon bureau, mon attention détournée par tant et tant de choses. Je ne sais plus ce qui m’a poussé aujourd’hui à le faire, mais une fois la décision prise tout est allé très vite. La Loire est l’exact opposé de l’expérience que j’ai eu sur la côté : là où dans le sud les friches sont une espèce en voie d’extinction, réhabilitées les unes après les autres, ici elles prospèrent et s’enracinent dans le décor jusqu’à en faire partie intégrante. Mines, usines et boutiques, vivent et meurent sans que personne n’ose les déloger.

J’ouvre donc un nouvel album, pour cette année 2014, et prie pour que d’ici décembre, ses pages blanches soient couvertes de rouille et poussière. Cette première série, je la fais en douceur, avec la Rotonde Ferroviaire de Badan. J’ai eu  énormément  de mal à me remettre dans le bain – comme si on m’avait cassé les jambes après être tombé à vélo et qu’il fallait que je me remette en selle. Mon œil endormi, mes réflexes de photographe atténués, mes mains balbutiantes face à mon appareil que je peinais à commander comme à la bonne époque. Ces détails dans les textures, ces jeux de couleurs dont j’étais si friand, mon regard peine désormais à les discerner, ce qui explique leur absence temporaire dans ces images. Les photos qui suivent sont loin de ce que promettait le potentiel du lieu; il y en a une poignée que j’aime vraiment mais ça ne sera jamais une série m’étant aussi chère que certaines d’il y a deux ans. Ceci étant dit, c’est une série de remise dans le bain, un re-plongeon dans les écumes de crépis qui me sont si chères. Pas ma meilleure sortie, pas ma pire, simplement une préface à ce nouvel album 2014, en espérant que ce qui suive vous face honneur à vous,  photophiles .
CaténaireByThe EmmarchitectTypephotosetDate (at 24)LocationGrignyLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#decay#urbex#health#emma#urban#death#depression

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21 photos

Deux ans – vingt-six mois – depuis que mon doigt avait effleuré pour la dernière fois le déclencheur de mon appareil. Qu’on s’entende j’ai des excuses : tout d’abord je me suis beaucoup plus investi dans mon travail mon vrai travail qu’est le développement web. Cela faisait trois ans que je mûrissais dans l’agence de communication dans laquelle j’avais été embauché à la sortie de l’école et il a...

En ce moment je traverse un peu une période de disette en terme de lieux à visiter. On m’en a bien envoyé deux (et je remercie la personne soit dit en passant) mais rien de l’envergure d’un complexe à la Terre d’Asile ou du faux village de The Wasp. Du coup en attendant dans ma sécheresse visuelle je rumine; tourne et retourne mes vieux clichés, et de temps à autres j’en trouve que je ne vous ai jamais montrés parfois par manque de qualité par rapport au reste de la série, parfois par simple envie de ne pas trop en mettre d’un coup. Du coup voici quelques photos qui jusqu’à présent étaient perdues au fond de mes tiroirs virtuels, pas tout d’exception qu’on s’entende, mais de quoi occuper un peu ce blog en attendant ma prochaine série. Gardez ça en tête et soyez indulgents.
Lost and FoundByQueen EmmaTypephotosetDate (at 22)LocationCastagniersLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#nature#texture#street photo#urbex#decay#urban

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14 photos

En ce moment je traverse un peu une période de disette en terme de lieux à visiter. On m’en a bien envoyé deux et je remercie la personne soit dit en passant mais rien de l’envergure d’un complexe à la Terre d’Asile ou du faux village de The Wasp. Du coup en attendant dans ma sécheresse visuelle je rumine; tourne et retourne mes vieux clichés, et de temps à autres j’en trouve que je ne vous ai...

À force de se balader dans des lieux abandonnés il y a des choses qui – si elles forçaient l’admiration fut un temps – en finissent par devenir banales. Les vestiges des divers squat en font partie ; au début on est surpris et admiratif devant toutes les petites traces de vie, les matelas, les vêtements, laissés en plan comme après une catastrophe. Puis au bout d’un moment on n’y fait plus attention. J’ai vraiment voulu rebrousser chemin, puis j’ai dévié et suis tombé sur un petit bâtiment minuscule encagé dans les ronces et les arbres, et j’y ai vu une porte entrouverte. De là ma curiosité a fait le reste.

Je ne sais pas ce qui a fait que je me suis soudain senti la motivation de faire deux trois clichés. Je mise sur le fait que les murs de chaque pièce étaient entièrement recouverts de la même affiche comme si un maniaque avait voulu cacher chaque pan de mur : ça a piqué mon intérêt. J’ai fait chacune des pièces en navigant entre elles via des trous fait dans les murs, ce qui faisait très Silent Hill 4 pour le coup mais les portes avaient été bloquées de l’extérieur. J’ai trouvé peu de choses… on aurait un peu dit un bâtiment dans lequel on aurait laissé cinq personnes à survivre pendant cinq mois jusqu’à ce qu’elles deviennent folles et s’entretuent.
EnclavesByM-ATypephotosetDate (at 21)LocationLingostieresLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#illusion#nature#texture#emma#decay#animals

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20 photos

À force de se balader dans des lieux abandonnés il y a des choses qui – si elles forçaient l’admiration fut un temps – en finissent par devenir banales. Les vestiges des divers squat en font partie ; au début on est surpris et admiratif devant toutes les petites traces de vie, les matelas, les vêtements, laissés en plan comme après une catastrophe. Puis au bout d’un moment on n’y fait plus...

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant.

Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été construit pour je ne sais plus quelle raison, puis le projet avait été abandonné en cours de route et le village fut laissé là abandonné. L’architecture est clairement particulière et n’a rien à voir avec ce qui se fait de manière locale. Beaucoup des faux bâtiments sont en fait en bois et polystyrène, c’est vraiment tout un mirage de village qui évoque plus un décor de film que personne n’aurait défait que quelque chose qui visait à accueillir des gens ou des magasins. Le tout est couplé à de longs hangars, comme toujours maquillés de tags et de fresques en tout genre. Des fresques dont une que j’ai trouvé assez imposante, sur le thème d’Alice in Wonderland.
The WaspByEmma Fabre, First of Her NameTypephotosetDate (at 21)LocationSophia AntipolisLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#animals#death#relationships#nature#emma#depression#decay#people#texture#madness

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24 photos

J’aime bien mettre en scène dans mes photos, créer de petites histoires en plus des habituels jeux de textures et de teintes, ce qui explique la part de plus en plus importante des « portraits ». Et je mets ce terme entre guillemets car toutes les photos où j’apparais ne sont pas des portraits pour autant. Le lieu de cette série était un peu particulier. C’était un village qui avait été...

S’il y a quelque chose d’à la fois fascinant et frustrant dans les lieux abandonnés c’est leur tendance à progressivement s’anonymiser au fil du temps. Il y a de ceux qui même après des millénaires restent évidents — une église même terrassée restera facile à reconnaître — et puis il y a des lieux comme celui-ci. Des lieux qui par leur architecture neutre, leur absence de mots ou leurs armées de salles vides, ne semblent ne plus correspondre qu’à un vague concept de « bâtiment » dénué de but précis.

Quand on m’a en premier parlé de cet endroit on me l’a d’abord décrit comme un hôpital, mais le manque de pièces un tant soit peu spacieuses (pour des opérations par exemple) m’a fait oublier cette hypothèse. Pendant ce temps sur internet beaucoup en parlent aussi comme une maison de retraite. Enfin reste l’explication donné par un collègue au travail, et que me paraît la plus vraisemblable compte tenu de la configuration de la chose. Six bâtiments de cinq étages pour un ensemble d’environ 300/400 studios. Le tout serait le vestige d’un vaste projet de logement d’ouvriers lancé lors de l’explosion démographique de, et qui pour de vastes raisons s’est peu à peu déserté jusqu’à être fermé.
C’est un peu pour cet aspect archéologique que j’adore l’exploration urbaine – déceler dans les maigres restes d’un lieu, l’enchaînement d’évènements qui a mené au moment précis de son décès.
Terre d'AsileByThe EmmarchitectTypephotosetDate (at 21)LocationSaint CezaireLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#emma#urbex#people#illusion#decay#urban#fantasy#texture#madness

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28 photos

S’il y a quelque chose d’à la fois fascinant et frustrant dans les lieux abandonnés c’est leur tendance à progressivement s’anonymiser au fil du temps. Il y a de ceux qui même après des millénaires restent évidents — une église même terrassée restera facile à reconnaître — et puis il y a des lieux comme celui-ci. Des lieux qui par leur architecture neutre, leur absence de mots ou leurs armées de...

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur. L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos de Street View, mine de rien, elles sont prises  de haut . Du coup je me suis retrouvé face à un muret  légèrement  plus grand que ce à quoi je m’attendais. Après quelques minutes d’escalade, j’ai trouvé une faille dans les grillages placés en enceinte autour de la clinique, et suis passé par l’entrée secondaire.

Globalement, non pas que ce soit décevant, mais le lieu était trop neutre pour que j’en tire vraiment des photos correctes. Neutre au sens où quasiment tout avait été vidé avant fermeture, et ne restait que d’innombrables pièces vides. Alors que ce que je cherche dans un lieu abandonné ce sont des objets laissés en plan, des témoignages de bouts de vie, des traces du passage de quelqu’un. Ça mais pas de longs couloirs débouchant sur des chambres vides. Heureusement, sur l’assez grande superficie de la chose (j’ai passé un bout de temps à tout visiter), il y avait pas mal de tags sympa et de petites choses qui valaient quand même le voyage. Et puis merde, rien que pouvoir voir ce qu’il y a derrière toutes les portes « Accès réservé au personnel », ça n’a pas de prix.

Le moment le plus intense de toute ma visite, a sans doute été à la fin. En fait il faut comprendre que le trépied que j’utilise, j’ai une fâcheuse tendance à des fois le poser, prendre une photo, et repartir en oubliant de le reprendre. Et au moment d’enfin sortir de la clinique à six heures, quelqu’un qui passait devant m’a dit de me méfier étant donné qu’il habite juste à côté et qu’à six heures et quart systématiquement des mecs s’arrêtent juste devant et vont dans la clinique pour faire leur deal. Il me dit que la police a déjà fait une intervention – pointant du doigt la grande bande Police Nationale qui entoure l’entrée et que je n’avais pas vue – mais que les mecs après un temps de battement ont continué à utiliser l’endroit. Bref il me stresse un peu, ce après quoi je continue à marcher vers ma voiture et, vous l’avez deviné, en reposant l’appareil dans mon sac-à-dos j’y constate bien évidement que le trépied n’y est pas.

Je me retourne et comprends donc qu’il est dans la clinique. Plus précisément,  quelque part  dans la clinique et ses cinq étages, quelque part au milieu du bordel et de la cinquantaine de chambres et pièces et blocs. Je crois que jamais en un quart d’heure je n’ai autant speedé à monter et descendre des escaliers, à ouvrir chaque porte et à retourner chaque pièce de plafond. Vous allez me dire, « Il suffisait de se rappeler de ta dernière photo prise et voilà ». Sauf qu’avant ça j’avais déjà passé une bonne demi-heure à retrouver LE PUTAIN DE CACHE de l’appareil tombé de ma poche, demi-heure pendant laquelle j’avais donc déjà retourné la clinique et où j’aurais pu poser le trépied n’importe où. Au final je l’ai retrouvé, au dernier endroit où je l’y aurait cherché : sur le toit. Je me suis dépêché de sortir comme si le Tank arrivait derrière moi (parce que oui, l’ambiance était très No Mercy) et je me suis enfoncé dans ma voiture. Je suis rentré chez moi, j’ai pris une douche, j’ai récupéré mes photos.
Un samedi comme les autres.
Le Serpent et l'Arc-en-cielBymyselfTypephotosetDate (at 20)LocationGrasseLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#urbex#emma#people#illusion#horror#decay#urban

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29 photos

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur. L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos...

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil. De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.
Le Cimetière des ÉléphantsBymeTypephotosetDate (at 20)LocationCannesLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#people#animals#street photo#nature#illusion#urban#urbex#decay#emma#depression

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27 photos

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le...

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.

C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau. Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore. Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil. Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.a
Mai 1965ByQueen EmmaTypephotosetDate (at 20)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

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20 photos

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut. C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave...

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était sortie de l’esprit. Je suis descendu pour en faire vite fait le tour et estimer les lieux, mais la nuit grandissant n’aidant pas, j’ai dû revenir le lendemain.

À la lumière d’un jour nuageux, je suis donc retourné avec mon appareil prêt et chargé à cette petite gare que l’œil ne caresse plus, encagée par des masses de hautes herbes, ses fenêtres et portes en partie scellées par des murs de briques. Je ne sais pas depuis combien de temps l’endroit est en ruines, assez déjà pour avoir été retourné par les squatteurs et clochards… Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi tous les endroits abandonnés voient leur sol couverts de milliers d’objets comme si c’était un impératif. À croire que dès qu’un lieu ferme on envoie une équipe de dévastation qui s’occupe de faire en sorte qu’il soit aussi détruit à l’intérieur qu’il l’est à l’extérieur.

Il y a une maison couplée à la gare, je ne sais pas si elle fait partie d’un quelque commerce qui se trouvait à côté (je crois qu’il y avait une boulangerie, ou une crêperie ou dans le genre) ou alors si elle était là pour les employés de la gare. Je ne sais pas non plus si ce sont uniquement des trains de marchandises qui passaient par là, il y a un accueil pour les passagers mais il est emmuré. C’est toujours assez angoissant de se promener dans des lieux comme ceux-ci, la plupart du temps je coupe ma musique parce que le moindre bruit me fait l’arrêter pour regarder autour de moi. En fait le plus dur à supporter ce sont les premiers moments, quand on n’a encore qu’une idée très vague de l’endroit. Au fur et à mesure qu’un plan des lieux se dessine mentalement tout va mieux. C’est aussi une histoire de s’assurer que l’endroit est bel et bien vide, quand on sait que toute les pièces sont inoffensives on a plus d’aisance à arpenter l’endroit qu’au début où la crainte de quelqu’un vivant encore là est présente. Globalement c’est un vaste ressentiment d’être en permanence observé.

J’avais oublié de prendre ma lampe de poche donc à défaut d’autre chose j’ai principalement découvert les pièces à coups de flash — vous imaginez d’ailleurs mon sursaut en tombant sur cette pièce dont les murs sont recouverts de projections de peinture rouge. Sur le coup je me suis affolé sur mon appareil pour refaire une photo et confirmer ce que j’avais vu… pendant une fraction d’instant j’ai imaginé le pire avant de voir d’autres projections, bleues et jaunes. Le tout était vraiment sombre, ce sont des conditions difficiles pour prendre des photos. D’ailleurs dans la majeure partie des cas je passe devant des images, des éclairages ou des illusions que seraient magnifiques à capturer mais que même de bons réglages ne parviennent à retranscrire. La plupart des images gardées sont d’ailleurs un brin troubles ou granulées par les hauts ISOs, ce qui ajoute une touche non négligeable tout en étant horriblement chiant. Désolé si en agrandissant certaines images vous vous retrouvez devant un truc flou.

En repartant j’ai un peu continué sur la route de la Tinée et suis tombé sur une centrale électrique fermée. J’ai voulu y aller mais tout était grillagé, alors je suis passé par la droite et ai découvert un chemin. À mi-hauteur de montagne quand j’ai compris que c’était une piste de randonnée je suis redescendu. Sur le chemin j’ai vu énormément de choses fascinantes à prendre, le problème c’est que sur ces routes il n’y a nul endroit où s’arrêter, seuls quelques refuges mais placés aux mauvais endroits. Quand je pars faire des photos j’ai toujours l’impression d’en avoir énormément qui me passe entre les doigts et c’est frustrant, mais en général au retour avec du recul je suis toujours content d’être parti ce jour-là et d’avoir eu le cran d’aller à tel ou tel endroit. Je ne sais pas si cette fascination pour les lieux esseulés ne touche que moi – que ce soit par leur atmosphère pesante et noire, ou leurs complexes arabesques rousses de métal décrépi. Les murs arrachés, et l’eau croupie qui par vastes traînées vient assombrir le papier peint et gorger le plancher. Il y en a qui aiment prendre des centaines d’images d’infinis paysages, moi j’aime les recoins enténébrés de ces lieux défunts qui les choses mortes accueillent.

Bonus : un pont de merde comme je les déteste, et du McDo jusque dans ta gare abandonnée
Les Murs des VisagesBySeñorita Emma Poopita de la FabritaTypephotosetDate (at 19)LocationRevest Les RochesLanguage🇫🇷 françaisTags

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30 photos

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était...

Il y a des lieux comme ça dont vous ne soupçonneriez même pas l’existence si certaines circonstances ne vous y avaient pas amené un jour ou l’autre. Des parcelles inconnues de La France dont personne n’a jamais entendu parler, des endroits reculés qui lentement se font ronger par le temps. Dans le cas présent il s’agit d’un petit lieu-dit de montagne perché dans la vallée de la Tinée ; si j’en connais l’existence c’est parce que mon père avant d’être instituteur sur la Côte d’Azur a passé son enfance la-haut et continue d’y retourner chaque week-end. Pour y faire des photos, pour travailler dans son atelier, pour se rapprocher un peu de son côté à lui de la famille que la montagne a éloigné de nous.

Quand j’étais enfant j’y allais moi aussi chaque fin de semaine, et le temps allant, moi grandissant, j’ai peu à peu perdu le goût et l’envie, pour au final ne plus y aller. Cela faisait une dizaine d’années que je n’y étais pas retourné. Il n’y a pas beaucoup de choses à faire là-bas, pas beaucoup de monde non plus, alors quand on s’est progressivement ancré dans une routine d’étudiant à Nice, entouré d’un flux constant d’informations, retourner s’isoler de telle manière est plus complexe que prévu.
Cette session de photographies est au fond partie d’une idée comme ça, « et si j’allais faire des photos dans le petit village où j’ai passé une partie de mon enfance à moi ? ». Étant en ce moment entouré de mes cousins à la maison, j’en ai profité pour faire venir ma cousine dans le voyage, elle qui voulait aussi partir faire des photos.
Une heure et quart de ligne droite à flanc de montagne plus tard nous arrivions à La Blache.
 La Blache  est un hameau médiéval perché à flanc de montagne. C’est un haut-lieu de la vie ancienne et maintenant peu à peu oublié des habitants de la vallée de la Tinée. En hiver, la population ne dépasse pas la dizaine d’habitants ; en été, elle peut atteindre une soixantaine de personnes. 

C’est un endroit où malgré tout ma famille a tenu une place importante — les Fabre sont là  depuis plus d’un siècle  et l’église par exemple (comme d’autres bâtiments sûrement) ont été construits par mes arrières-arrière-grand-pères. Tout du moins je pense tant on sait que Fabre est courant car désignant ceux qui fabriquaient. Les forgerons, les menuisiers, et j’en passe.
Beaucoup de personnes ont eu du mal à me reconnaître. J’en ai profité que j’étais sur place pour aller voir un pote d’enfance qui fait désormais partie d’un groupe ; il est bassiste, son frère est guitariste. Je suis allé chez eux et suis resté une petite heure et demi à parler un peu musique et à voir où on en était. En redescendant de chez lui des vaches nous ont bloqué le chemin, on a mis trois plombes à rejoindre la route.

Enfin. Mine de rien, vu sous l’angle d’un photographe c’est un endroit superbe, les images que je vous présente sont pour la plupart plus intactes que vous ne le penseriez. Les couleurs de l’endroit, l’éclairage de cette journée, font que les photos telles qu’elles, étaient pour la plupart telles que je les voulais, sans les toucher. Nous avons quand même eu la pluie au retour, et par persévérance je me suis quand même arrêté au barrage abandonné qu’on avait repéré en chemin. Évidement ça glissait, j’avais peur pour l’objectif sous la pluie battante, alors je n’y suis pas resté longtemps.
Il faudra sûrement que j’y retourne en plein hiver quand la neige est omniprésente.
L'ère LibreBymyselfTypephotosetDate (at 19)LocationLa BlacheLanguage🇫🇷 françaisTags

#camera#documentary#animals#people#childhood#decay#illusion#nature#texture

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21 photos

Il y a des lieux comme ça dont vous ne soupçonneriez même pas l’existence si certaines circonstances ne vous y avaient pas amené un jour ou l’autre. Des parcelles inconnues de La France dont personne n’a jamais entendu parler, des endroits reculés qui lentement se font ronger par le temps. Dans le cas présent il s’agit d’un petit lieu-dit de montagne perché dans la vallée de la Tinée ; si j’en...

Mon parcours en photographie s’est toujours un peu résumé à faire deux pas en avant, un pas en arrière. Pendant toute une première période commencée ici sur ce blog j’ai eu tendance à ne prendre que peu de photographies, ou tout du moins à ne montrer mes photos qu’une par une voire deux par deux. Le résultat était malgré moi une sorte de sacralisation de ces maigres images — des cadres, des titres, des articles dédiés.

Depuis j’ai fait mon voyage à Dignes, et en ai ramené un paquet de photos que j’ai postées d’un coup et je suis tombé amoureux du format. Le problème qui est vite survenu c’est qu’à force de montrer beaucoup on tend à vouloir montrer toujours plus. De séries de vingt photos on est passé à trente, quarante, cinquante photos par article sur toutes les dernières séries. Je pense qu’il est temps de revenir à quelque chose de plus raisonnable.

Nous sommes en pleines vacances, au beau milieu de l’après-midi, sous une chaleur inqualifiable. Les rues se sont vidées de toute silhouette et les seuls aux alentours proviennent du voisin dans sa piscine et des quelques voitures qui passent par là. Voilà, c’est un peu ça l’esprit juillet/août dans un endroit perdu.
Lord ColumbiaBymyselfTypephotosetDate (at 19)LocationVenceLanguage🇫🇷 françaisTags

#photography#camera#street photo#urban#nature#animals#illusion#society#decay#people

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16 photos

Mon parcours en photographie s’est toujours un peu résumé à faire deux pas en avant, un pas en arrière. Pendant toute une première période commencée ici sur ce blog j’ai eu tendance à ne prendre que peu de photographies, ou tout du moins à ne montrer mes photos qu’une par une voire deux par deux. Le résultat était malgré moi une sorte de sacralisation de ces maigres images — des cadres, des...

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi considérablement allongée — des deux/trois heures du début on est passé à environ six ou sept heures. Et pourtant persiste ce constant sentiment que garder autant de photos c’est mal, c’est un manque d’auto-critique, je n’arrive pas à me résoudre à jeter des images. Principalement, parce que ça provoque chez moi un sentiment de vide.

Je suis très attaché aux souvenirs et je cherche perpétuellement à avoir le maximum de photos autour de moi. En supprimant un cliché c’est comme si soudainement c’était un bout de cet après-midi que je supprimais. S’il n’y a aucune photo de quand je me suis perdu dans les bois près du lac alors à quoi bon ? Ça ne me suffit pas de vivre la vie, il faut que j’en garde des traces et des preuves, sinon ça me gêne.
Du coup je garde trop de photos.

Ça faisait un petit bout de temps que j’étais pas allé à ce lac. Il n’y a pas si longtemps c’était un lac sauvage où les gens se baignaient mais personne n’était tenu responsable de la qualité de l’eau. J’y emmenais notre chien, vu que c’est un Golden Retriever (des chiens d’eau) c’était un peu le paradis pour lui. Depuis le lieu a été aménagé par le conseil régional : on ne peut plus se baigner, des voitures patrouillent pour le vérifier, et quand on fait le tour du lac, une fois arrivé au bout ils ont placé une barrière, comme ça, pour le fun. Du coup on ne peut pas faire le tour du lac sauf en revenant sur ses pas. Merci le conseil régional.
Vue sur l’AmerBymyselfTypephotosetDate (at 19)LocationLe BrocLanguage🇫🇷 françaisTags

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20 photos

Je fais trop de photos. Ou plutôt, et c’est pire, de toutes celles que je fais, j’en garde trop. Ça me saute aux yeux à chaque fois que trie les images que j’ai à vous montrer — semaine après semaine je tends à en garder de plus en plus malgré moi. Les premières séries faisaient vingt photos, les nouvelles tendent vers le quarante/cinquante. Alors certes, la durée de mes expéditions s’est aussi...

Il y a un peu plus de deux ans de ça, j’ai pris  cette photo-là , d’une maison abandonnée pas loin de chez moi, près du village. Je n’ai pas vraiment de souvenir d’une époque de ma vie où cette maison a été habitée, seulement ma mère me racontant que c’était une très belle maison avec des vitraux magnifiques et un superbe jardin et que c’est vraiment dommage qu’on l’aie laissée là à l’abandon.
D’après ce que j’ai compris elle a été habitée jusqu’aux années 80 et ensuite a été quittée. Le jardin, ses palmiers et ses rosiers, se sont transformés en une véritable jungle où il est difficile de faire deux pas. Le bâtiment lui-même transpire le manoir hanté par tous les pores de sa façade, même si personne n’y est jamais mort. Concrètement d’aussi loin que je me souvienne à l’école primaire pour nous tous c’était déjà « la maison hantée » — pas parce qu’elle l’était, mais parce que rien qu’en jetant un regard on se sentait mal à l’aise face à ce qu’on peut entre-voir de l’intérieur de l’ex « Maison Rose ». Des meubles renversés, des fenêtres cassées, le papier-peint brûlé, des journaux qui recouvrent le sol sur au moins vingt centimètres, et j’en passe…

Ça fait pas mal d’années que j’ai cette curiosité pour cette maison à chaque fois que je passe devant. Bien sûr il est strictement interdit d’y entrer et tout est soit cadenassé soit bloqué naturellement par des branches qui ont poussé depuis. Cela dit, ça n’a jamais empêché des ado d’y rentrer et il est très facile d’escalader la grille pour y aller. Alors, curieux, j’ai pris mon appareil, et j’ai escaladé.
Certaines photos sont assez floues, j’ai eu énormément de problèmes de luminosité à l’intérieur, forcément. Dans l’ensemble tout était très impressionnant ; la maison compte trois étages avec une dizaine de pièces par étages, tout est laissé à l’abandon, renversé, jeté. Il y a vraiment un amas irréel de journaux, magazines et livres, éparpillés partout dans le premier étage. Ça mélange un peu toutes les époques, c’est un peu troublant de se demander comment autant de journaux ont pu arriver là. Même chose au premier, des vêtements strictement partout dans les chambres, éparpillés dans d’énormes tas.
Beaucoup d’endroits sont obstrués, l’escalier qui mène aux étages par exemple est étouffée de meubles et d’objets en tous genres, j’ai dû en retirer et escalader le monticule pour aller au-dessus. Accessoirement tout a failli s’écrouler quand j’ai voulu redescendre pour sortir. La cave est au bout d’un petit couloir complètement sans lumière dans lequel j’étais littéralement mort de peur, avançant à coups de flash comme dans les films. Résultat : l’escalier qui descend à la cave est lui aussi bouché par des meubles. Ce qui m’arrangeait étant donné que pour rien au monde je ne serais descendu dans la cave de cette maison. De même que je n’ai pas osé monter l’échelle du grenier qui me tendait les bras, par crainte que le plafond ne soit plus en bon état et aussi parce que merde, l’échelle était en équilibre sur une table elle-même calée par des vieux livres, et bon, je tiens à ma vie.

Comme dans tout lieu abandonné, la Maison Rose a évidement son lot de tags, de bouteilles cassées, et j’en passe, mais tout se concentre essentiellement dans le vaste salon du premier, j’ai l’impression que personne n’a jamais vraiment été dans les autres étages. Je suppose que pour l’amour du risque tous y ont été la nuit, dans ces conditions moi non plus je ne serais pas monté plus haut.
Le jardin est à l’image de la maison : en plan depuis trente ans, complètement bouché de tous les côtés. On peut difficilement s’y frayer un chemin et ce qu’il reste du portique de jardin est somme toute assez maigre. Et, et voilà.
Cela fait pas mal de temps que la mairie parle de tout rénover, mais le travail est tellement monstrueux que ces derniers temps ce qu’on entend plutôt c’est que tout sera rasé. Alors, quitte à ce que ça soit fait, j’ai préféré m’aventurer à l’intérieur au moins une fois dans ma vie avant que tout ce chaos « mort dans le temps » disparaisse pour de bon.
Les Choses MortesByEmma F.TypephotosetDate (at 19)LocationGattieresTags

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Il y a un peu plus de deux ans de ça, j’ai pris cette photo-là , d’une maison abandonnée pas loin de chez moi, près du village. Je n’ai pas vraiment de souvenir d’une époque de ma vie où cette maison a été habitée, seulement ma mère me racontant que c’était une très belle maison avec des vitraux magnifiques et un superbe jardin et que c’est vraiment dommage qu’on l’aie laissée là à l’abandon....